• Catuboduos

    Extrait (1) de "Pendant que les champs brûlent" de Durnacos

    - Viens t'asseoir près de moi, autour du feu, dit tendrement Nertomaros à son jeune fils, Durnacos. Durnacos s'éxecuta sans se faire prier tant il adorait les histoires que lui contait son père, le soir à la nuit tombée. La lueur des flammes projetait des ombres dansantes sur les murs blanchis de la maison de torchis.
    - Ce soir j'ai décidé de te raconter comment j'ai gagné ce bracelet de bronze, mon bouclier et ma valeureuse épée. Nertomaros  leva le bras droit, dont le poignet était orné d'un bracelet à tampons décorés de triscèles, et désigna le bouclier suspendu au mur et auquel était accrochée l'épée de fer.
    Il commença aussitôt son récit.
    - Lorsque j'étais enfant, tout comme toi, j'aimais à parcourir et explorer les berges de notre grand fleuve, Renos ; j'avais pris l'habitude d'y pêcher en compagnie d'un vieil homme qui habitait dans une vieille cabane de branchages. Il vivait assez loin de notre village et personne ici ne le connaissait. Cet homme était, je l'ai compris depuis, un solitaire, une sorte d'ermite. Il se nourrissait de sa pêche qu'il pratiquait avec de grands filets qu'il jetait à partir d'une barque. J'avais pris l'habitude d'aller le voir dès que les travaux de la ferme étaient terminés. J'aimais l'accompagner sur le fleuve pour l'aider à remonter son filet quand il était trop lourd. En récompense, il m'invitait à partager son repas avec lui et, tandis qu'il cuisait délicatement ses poissons, il me parlait du passé et des choses de la vie, petites et grandes, tout simplement. Il aimait à évoquer les grands combats qui avaient opposé notre peuple aux Sequani voisins ; il préssentait un danger beaucoup plus grand venu de plus loin, d'au delà des hautes montagnes blanches du Sud. Tu m'écoutes, Durnacos ?
    - Oui, répondit tout bas l'enfant qui dormait déjà à moitié.   
    Le père reprit le cours de son histoire.
    - J'aimais passer du temps avec ce vieil homme et je crois bien qu'il aimait aussi ma compagnie ; il s'appelait Catuboduos. Un jour, il a disparu et sa cabane aussi. Par un belle matinée d'automne, j'ai trouvé là-bas, à l'emplacement exact de la cabane du vieil homme, cette épée et le bouclier. Mais le plus étrange était cette corneille qui, à proximité, tenait le bracelet de bronze dans son bec ouvert et qui m'a laissé m'en saisir sans s'y opposer, comme s'il s'agissait d'une offrande. Je n'ai jamais plus revu le vieil homme. J'ai bien sûr parlé de toute cette histoire avec notre druide et tu sais ce qu'il m'a dit ?
    Le père s'interrompit, l'enfant s'atait endormi.  
    SDC11751.JPG
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  • Commentaires

    1
    Mardi 16 Mars 2010 à 20:32
    Quand épée et bouclier sont suspendu à la poutre centrale et que le feu brille de mille lueurs, le guerrier se fait conteur.
    2
    gouag
    Jeudi 2 Octobre 2014 à 23:33
    Tu es en train de faire un "roman" ? C'est plutôt drôle pour un gaulois...
    3
    gouag
    Jeudi 2 Octobre 2014 à 23:33
    Sinon, c'est très joli ce que tu écris...
    4
    CRIXSOS
    Jeudi 2 Octobre 2014 à 23:33
    En route pour le nobel !!
    5
    Durnacos
    Jeudi 2 Octobre 2014 à 23:33
    Merki !

    Adepte du roman (tic) donc romantique mais pas Rome antique !!!
    6
    Durnacos
    Jeudi 2 Octobre 2014 à 23:33
    Tes compliments, Bardosenos, mon ami le Maîître des Conteurs, le Conteur des Monts d'Arrée, sont des éloges qui me vont droit au coeur.
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